Découvrez LE GRAND PALAIS sous un autre angle!

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Tiffany Bonvalot et Athéna Papadopoulou

Témoignage de notre patrimoine industriel, la construction du Grand Palais pour l’Exposition Universelle de 1900 fut un défi hautement relevé par la France, prête alors à accueillir le monde entier. Nous vous invitons à découvrir les secrets de sa réalisation … un challenge technique de taille !

Les fondations et les moyens logistiques.

Tiffany BONVALOT, Ingénieure structure.

 

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Hélas, le chantier, prévu pour un délai de 3 ans, commença sous de mauvais augures : une première surprise retarde la construction de 8 mois. En effet, malgré des premiers sondages effectués pour tester la capacité du sol, c’est en commençant les travaux de fondations que l’on s’aperçoit de l’inconsistance du sol du côté de la Seine : il est alors impossible de construire le bâtiment futur sur une assise aussi médiocre.

Il faut trouver une solution rapidement, et il est alors décidé de construire le bâtiment sur « pilotis » en le fondant sur pieux => cette solution si souvent utilisée par Bouygues existait déjà mais dans une version quelque peu différente puisque les pieux utilisés étaient fait de bois…. C’est ainsi que 3 400 pieux de chêne, d’un diamètre de 20 à 30cm et de 10 à 15m de long sont enfoncés les uns à côté des autres dans le sol. La machine à pieux telle qu’on la connaît n’existant pas encore, l’opération est réalisée à l’aide de puissants marteaux à vapeur se déplaçant sur rails : 300 à 400 coups sont nécessaires sur chaque pieu.

 

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Les approvisionnements chantiers  se font exclusivement par voie d’eau via la Seine… Le chantier du Grand Palais est alimenté par un port spécifique : les berges sont consolidées, les quais élargis et renforcés. En aval, l’île de la Grande Jatte est réquisitionnée pour stocker les matériaux qui sont ensuite acheminés au fur et à mesure des besoins.

Une fois arrivés sur site, les matériaux sont transportés à leur destination finale via des rails aménagés sur l’ensemble du chantier. Des locomotives font les navettes depuis le port pour acheminer les matériaux et remporter les déblais… un PIC qui devait valoir le coup d’œil !

En termes d’effectif, on estime le nombre de personnes sur chantier, entre 500 et 1500 personnes par an, le pic d’emploi se produisant lors des travaux de fondations.

La façade et la verrière emblématique.

Athéna PAPADOPOULOU– Experte façade.

 

477 000m², 1km des façades, le Grand Palais porte bien son nom !

Pendant sa construction l’élévation des façades en double paroi – pierre à l’extérieur et moellons ou briques à l’intérieur – est relativement rapide grâce à l’utilisation de grandes grues sur rails. Au nombre de trois, ces grues fonctionnent à la vapeur : la plus grande (28m) avec son bras balancier de 10m soulève des poids de 5 à 6t. En complément de cette innovation, la construction des planchers intègre des éléments en béton armé, une des premières applications en architecture.

 

 

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Mais le point clé de ce chantier, reste la verrière de la Nef. Un chef d’œuvre de métallurgie et de verre elle impressionne encore par sa beauté et ses dimensions: 6 000 tonnes d’acier, 12 000 m² de verre et 30 000 rivets ont été nécessaires à sa construction. Avec ses 13 500m² de superficie nous parlons bien évidement de la plus grande verrière d’Europe ! En comparaison, la construction de la Tour Eiffel a nécessité environ 7 000 tonnes de métal et la superficie du Stade de France avec l’enceinte est d’environ 17 000m² !

6 7La piscine Molitor qui est la plus grande réalisation de verrière chez REP, est 10 fois plus petite !

Pendant la réalisation de la Nef les éléments de la charpente sont fabriqués dans des usines. Ils sont assemblés sur place à l’aide de milliers de rivets et des échafaudages en bois de 500t. Les ouvriers étaient de véritables acrobates travaillant à des dizaines de mètres au dessus du sol, sans être attachés ! Heureusement que ces méthodes constructives ont évoluées assurant une meilleure sécurité pour les collaborateurs sur chantier.

 

La rénovation du Grand Palais.

 

En 1975 la Nef est classée Monument historique et depuis l’an 2000 le monument est classé dans sa totalité, ce qui a permis à l’État de financer un vaste projet de restructuration.

Pièce par pièce, la verrière existante est démontée. Les plaques de verre n’étant plus aux normes, elles sont remplacées une par une. Le verre armé mis en œuvre entre les années 1970 et 80 est remplacé par un verre feuilleté clair de type Plastofloat 88 (44/2) de la société Macocco vitrages. La largeur des carreaux est réduite pour retrouver le rythme d’origine.

Le chantier de rénovation dure 30 mois, presque autant que le chantier de la construction ! Les pieux en bois des fondations détruits par les fluctuations de la nappe phréatique sont remplacés par une paroi moulée au sud et par des colonnes de béton de sol au nord. Toutes les pièces d’acier corrodées ou déformées sont remplacées en respectant les techniques de l’époque, 15 000 rivets sont ainsi posés à chaud. Toutes les charpentes sont décapées et repeintes avec la teinte vert réséda d’origine, labélisée « Vert Grand Palais », à l’image du désormais célèbre « Marron Tour-Eiffel ».

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Et l’histoire n’est pas finie ! Ce magnifique monument va être à nouveau reconfiguré et adapté aux nouvelles utilisations des espaces (expositions, organisation d’évènements), accroitre sa capacité d’accueil, tout en lui redonnant le « cohérence et de la transparence de l’architecture d’origine ».

On ne s’ennuie jamais au Grand Palais…un chantier continu, grandiose et évolutif!