Lorsque nous avons pris possession du bâtiment, des ardoises étaient déjà en place. Le contrat prévoyait une dépose minutieuse en conservation dans le but de faire l’état sanitaire de la charpente bois et métal du dôme. Cependant nous avons alerté le maître d’ouvrage sur deux problématiques : d’une part les ardoises se sont révélées plombées, dût à l’exposition pendant des décennies à la pollution parisienne ; d’autre part les ardoises existantes ne répondaient pas aux standards normatifs actuels puisqu’une ardoise doit mesurer entre 4 et 5 millimètres d’épaisseurs -celles présentes ne mesuraient que 3 millimètres. Il a donc été convenu une dépose en non conservation en conditions plomb puis une repose à neuf.
Une fois la phase de dépose faite, les charpentes contrôlées se sont avérées globalement saines avec peu de reprises. Nous avons donc pu effectuer la phase de réalisation du complexe thermique avec mis en œuvre d’un par-vapeur étanche et d’une double épaisseur d’isolant thermique, dans le but d’améliorer significativement la protection thermique de l’espace rotonde situé sous le dôme. Espace dédié à l’exposition au public d’œuvres d’art monumentales.
Est ensuite venu la phase de remplacement à neuf des ardoises, soumis à une réglementation stricte puisque, monument historique oblige, les nouvelles ardoises devaient reprendre les mêmes dispositions qu’à l’existant c’est-à-dire la même forme, même couleur et même taille. Puisque les dernières carrières d’ardoise homologuées « Monument Historique » en France se sont récemment épuisées (Ardoises d’Anger), avec notre partenaire UTB, nous nous sommes tournés vers la Galice, en Espagne, pour choisir nos ardoises qui présentent des caractéristiques similaires que les françaises ; les ardoise des carrières SAMACA.
L’ACMH (Architecte en Chef des Monuments Historiques) a privilégié une pose traditionnelle sur crochet – c’est-à-dire que les ardoises sont accrochées une à une sur des liteaux bois jouant le rôle de support de couverture.
Pour la dépose des ardoises en condition plomb, 10 compagnons couvreurs ont été mobilisés pendant 1 mois. La phase de repose, plus ouvrageuse, à nécessité le double de temps soit 2 mois.
Aujourd’hui les ardoises sont en fin de pose : avec 24 palettes en tout, 11 formes d’ardoises différentes, pour une surface courbe totale de 1000 m² d’ardoises qui permettront de redonner une nouvelle jeunesse au dôme de la Bourse de Commerce !