Démolir pour mieux reconstruire
L’ensemble immobilier du 115 est constitué de 3 bâtiments (A, B et… F) acquis au fil du temps par notre maître d’ouvrage NATIXIS. Le bâtiment A est un R+8 sur 2 niveaux de sous-sol que nous rénovons entièrement. De son architecture, caractéristique des années 1950, nous conservons l’enveloppe extérieure tandis que nous refaçonnons les espaces intérieurs pour intégrer un puits de lumière central. Le tout en ajoutant également un niveau de sous-sol.
Le bâtiment B, quant à lui, date également des années 60 et n’a pas d’identité propre. Sa façade côté rue, plutôt quelconque, est partiellement cachée par le bâtiment F. Qui plus est ses niveaux de plancher ne coïncident pas avec le bâtiment A contiguë. N’en jetez plus ! L’architecte, avisé, a décidé de le reprendre entièrement… Entièrement démoli, il est refait à neuf.
Pour l’anecdote, le bâtiment B a été construit par l’entreprise Francis Bouygues
Enfin, le bâtiment F, construit dans les années 1870, est un bâtiment de type haussmannien. Réaménagé de nombreuses fois, avec plus ou moins de rigueur, il s’agira cette fois pour nous de lui redonner son lustre d’antan pour héberger fastueusement les activités d’une banque privée.
S’organiser et prévoir
Situé au cœur de Paris, avec un délai global de 17 mois pour l’ensemble des corps d’états, on comprendra aisément que l’organisation et la prévision sont déterminantes pour la réussite du projet.
Ainsi, en amont, les équipes techniques ont privilégié la solution de la préfabrication. Aujourd’hui, le chantier s’approvisionne auprès de 5 fournisseurs en poteaux, poutres, dalles (DAP et prédalles) et murs préfabriqués. En pleine production, ce flot ininterrompu de livraisons vient irriguer l’assemblage d’un bâtiment en kit.
Désormais, nous sommes en mesure de quantifier cet aspect logistique. Dans le cadre de la démarche environnementale, le chantier se doit de suivre les émissions de carbone induites par les livraisons. Au mois de juillet, comme le montre le graphique ci-dessous, 4 822 kg de CO2 ont été émis. Cela équivaut à 131 camions de 32 tonnes avec un parcours moyen de 100 km pour venir puis repartir. Par ailleurs, 44% de ces livraisons concernent la préfabrication : 3 camions pleins ont donc livré chaque jour des éléments préfabriqués.
Ce ballet d’engins imposant a constitué un véritable défi eu égard à l’exiguïté du site qui ne dispose d’aucune place pour stocker le matériel, hormis le bâtiment en construction qui donne sur une artère au trafic dense, la rue Montmartre.
Pour l’anecdote, le mois de mars, celui de l’évacuation des gravats de démolition du bâtiment B, s’impose avec une fréquence de 18 camions de 32 tonnes par jour !
La productivité fille de l’innovation
La quête d’innovations demeure la clé du succès pour améliorer la productivité sur un chantier. La maîtrise, l’encadrement et les services techniques l’ont bien compris…La preuve en quelques exemples.
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L’outil de coffrage DOKADEK : cet outil permet de remplacer habilement les tours d’étaiement ainsi que les traditionnelles poutrelles DOKA et plaques de contreplaqué pour les fonds de moule. C’est un système de coffrage réutilisable et léger qui se met en oeuvre avec un système d’étaiement également léger. Cela permet de minimiser les manutentions et est particulièrement bien adapté à la création de chevêtres. La réalisation de campagnes de chrono-analyse a permis de démontré le gain de cette solution.
La plateforme de déchargement : issue de l’innovation de nos confrères du GIE matériel, la recette à matériaux a d’abord été testé sur le chantier de la tour INCITY. Elle permet sur le chantier de créer des points de déchargement autour de la grue permettant ainsi de désengorger le lift.
C’est un chantier passionnant car il permet, dans un environnement resserré, de voir toutes les techniques de la rénovation comme celles de la construction neuve. C’est un bel outil d’apprentissage.