Hôtel de Crillon : les murs ont aussi une histoire

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Photos d’un mur en phase provisoire (suspendu)

Par :

Nicolas Gal

L’aménagement du quartier du faubourg Saint-Honoré est directement lié à la décision prise par la ville de Paris d’offrir à Louis XV une place royale, actuelle place de la Concorde. Les plans définitifs du projet, établis par l’architecte Jacques-Ange Gabriel, furent approuvés le 21 juin 1757.

Un peu d’histoire…

  • En 1775, l’architecte du roi Louis-François Trouard fit construire un hôtel qu’il loua dès 1777 à Louis-Marie Augustin, duc d’Aumont. En 1788, l’hôtel est vendu à François-Félix-Dorothée Berton des Balbes, comte de Crillon. L’hôtel restera dans la famille jusqu’en 1906.
  • Durant la 2ème moitié du XVIIIème siècle est également bâti un hôtel particulier sur les terrains situés au n°4 et 6 de l’actuelle rue Boissy d’Anglas (anciennement rue de la bonne morue). Cet hôtel particulier fût démoli et remplacé par deux immeubles de rapport en 1877.
  • En 1906, la Société du Louvre acquiert l’ensemble immobilier situé au n°10, place de la Concorde et n°2-4-6 rue Boissy d’Anglas afin de le transformer en un luxueux hôtel de voyageurs. La réalisation de ce grand projet nécessita donc l’acquisition de  trois parcelles.
  • L’hôtel ouvrit ses portes en 1909 après plus de deux ans de travaux de rehabilitation.
Hôtel de Crillon, n°10 place de la Concorde, n°2,4 et 6 rue Boissy-d'Anglas (Pais 8e)Superposition du plan cadastral actuel sur le plan cadastral de 1900.

Hôtel de Crillon, n°10 place de la Concorde, n°2,4 et 6 rue Boissy-d’Anglas (Pais 8e).Superposition du plan cadastral actuel sur le plan cadastral de 1900.

Conservation des murs parcellaires

Le sujet est apparu lors de la demande du permis de démolir. En effet, la demande a été rejetée pour certains murs existants du 1er sous-sol qu’on prévoyait de démolir.

A la demande de Guillaume Potel, architecte des bâtiments de France, en charge du suivi du chantier, certains murs ont été identifiés comme ayant un intérêt historique car ils délimitaient les anciennes parcelles. Il a alors été demandé de les conserver.

Incidence et contraintes sur le chantier

Suite à la demande de l’architecte, l’équipe travaux (Guillaume Gesippe et Martin Fougeray) et le service méthodes (Frédéric Aubry) ont alors mis au point une solution adaptée pour maitriser au mieux le coût et le planning lié à la conservation de ses murs.

Le problème étant de conserver ces murs tout en devant terrasser pour créer le 2ème sous-sol.

D’emblée, la solution choisie est de suspendre ces murs à des fers neufs mis en place provisoirement en plancher bas du RC. Cela a permis de conserver le mode opératoire et le phasage prévu notamment pour le terrassement (circulation des engins et des personnes).

A noter que pour un mur de faible longueur, la solution de démolition / reconstruction a été préférée pour des raisons de sécurité et avec l’accord de l’architecte. En phase définitive, ces murs reposent sur la dalle neuve renforcée par des poutres. Ce cas est un bon exemple d’anticipation, de réflexion et de travail en équipe.

Extrait du document méthodes

Extrait du document méthodes

Enfin, cette solution spectaculaire a constituée une « attraction » très prisée des différents visiteurs du chantier. Un peu plus d’un siècle après son ouverture, l’hôtel de Crillon rouvrira ses portes avec un supplément d’âme témoignant de sa longue histoire.

Source : Rapport final du Groupe de Recherche Art Histoire Architecture & Littérature (GRAHAL)